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LE DERNIER FRERE
de Natacha APPANAH aux Editions de l' Olivier Août
2007 210 p.
Ce livre nous transporte à l' Ile Maurice. Un vieillard
raconte des épisodes dramatiques de
son enfance. D' abord la perte de ses deux frères
dans un cyclone et surtout sa rencontre avec David, un
petit juif emprisonné dans un camp de réfugiés
auxquels on a refusé l' entrée en Palestine
en 1945. Le petit David va prendre une place énorme
dans le coeur du narrateur, celle laissée vacante
par ses deux frères disparus sous ses yeux dans
les eaux d' un torrent fou. L' auteure évite le
mélo. Le style se prête à la
narration et transmet bein l' émotion au lecteur.
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HENRI OU HENRY,
le roman de mon père. De Didier DECOIN chez Stock
2006 250 p.
Didier Decoin est un auteur prolifique : des livres pour
enfants, des livres sur la vie de Jésus et de nombreux
romans et scénari. Prix Goncourt en 1977 avec "John
l' Enfer". Henri, c' est le prénom de son père
en France et Henry celui qu' il préférait porter
aux USA. Ce père était un fameux touche-à-tout
complètement autodidacte. Né de parents pauvres,
il abandonne très tôt l' école pour
gagner sa vie. Tour à tour apprenti tanneur de fourrure,
champion de natation, as de l' aviation pendant la première
guerre mondiale. La paix revenue, il rencontre Henri Desgranges
qui va lui demander d' écrire pour la presse sportive,
notammant pour la boxe et le Tour de France (il a précédé Antoine
Blondin). Puis il écrit pour le cinéma muet
et enfin pour le cinéma parlant pour lequel il mettra
en scène Danielle Darrieux dans le succès
planétaire "Premier rendez-vous". Livre
intéressant écrit dans un style journalistique
un peu aride parfois.
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UN ROI SANS
LENDEMAIN de Christophe DONNER chez Grasset 377 p. Août
2007
Le prétexte du livre est le montage d' un film
TV sur la vie du dauphin, ex-futur Louis XVII. En fait,
vers le milieu du roman, l' auteur ne parle plus que
de son sujet favori : l' infuence d' Hébert (directeur
du journal "Le
Père Duchesne") sur la mort de l' enfant-roi. On
n' apprend pas grand chose, mais en regard, par exemple,
du "Marie-Antoinette" de Stefan Zweig, Donner
nous offre davantage de réalisme sur des faits d'
une cruauté inouïe. Le final est sublime et émouvant.
Je ne dirai pas que ce livre est réservé aux
amateurs d' Histoire, mais on apprécie davantage
si on connaît un tant soit peu cette période
trouble et riche en rebondissement et...en têtes
coupées.
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ARTHUR ET GEORGES
de Julian BARNES au Mercure 550 p. 2007
Un grand roman salué par la critique. Passionnant
de bout en bout malgré ses 550 pages. Prix "Arsène
Lupin", c' est loin d' être un policier classique.
Georges est un être discret et même timoré,
fils d' un pasteur d' origine indienne et d' une mère écossaise.
Sa famille reçoit des lettres anonymes à caractères
racistes. des crimes sont commis sur des animaux dans la
campagne avoisinante. Georges en est accusé.
Il sera condamné et emprisonné avec la plus
grande injustice. A sa sortie de prison, il veut être
réhabilité.
Il connaît Arthur Conan Doyle (l' auteur des Sherlock
Homes), de réputation. Il va lui soumettre
son histoire. Dès leur première rencontre,
Arthur sait que
Georges est innocent rien qu' en le voyant. Son action
pour la réhalititation va nous tenir
en haleine jusqu' au bout. De plus, on connaît tout
de la vie de ce grand personnage : généreux,
amoureux, sportif, adepte du spiritisme. Il semble que
cette histoire soit véridique. |
JE SUIS MORTE
ET JE N' AI RIEN APPRIS de Solenn Colléter chez
Albin Michel 2007 350 p.
Un premier roman plus que réussi. Une écriture
mature et une histoire qui vous prend dès la première
page et ne vous lâche plus. Un véritable thriller.
C' est d' abord un cri de révolte contre le bizutage
dans les grandes écoles de "prépa".
Les lecteurs qui n' ont pas connu ça, trouveront
peut-être que certaines scènes sont exagérées,
hélas ! il n' en est rien, Solenn raconte la vérité.
L' omerta qui règne sur ce sujet, l' oubli, le
perte de mémoire qui semblent affliger tous ceux
qui ont subi les sévices corporels et moraux du
bizutage, rend ce roman essentiel de mon point de vue.
En effet, entre les brimades des bizuteurs et les exactions
de certains bourreaux, il n' y a qu' un pas que l' espèce
humaine peut franchir allègrement. |
UNE GOURMANDISE
de Muriel Barbery en Folio (1° édition chez
Gallimard en 2000 ) 165 p.
Petit livre de l' auteure du maintenant célèbre "L' élégance
du hérisson" (meilleure vente 2007). Petits
chapitres mais toujours grande délectation avec
le style qui s' accorde si bien avec les descriptions cullinaires.
Pas vraiment d' histoire, mais des anecdotes sur la vie
d' un critique gastronomique mondialement connu. Quelquefois
c' est lui qui parle, d' autres fois son entourage, d'
autres fois ses animaux domestiques. Amateurs de Mac Do s'
abstenir... |
L' AUBE LE SOIR OU LA NUIT de Yasmina REZA chez Flammarion 185 p. 2007
Les coulisses de la campagne de Nicolas vues par un écrivain. Yasmina nous dit presque tout, n' oublie pas les travers du président. Son style est vire-voltant, haché, pressé, pour bien rendre compte de l' activité phénoménale dégagée durant une campagne. Pas de complaisance donc, mais le regard d' une femme qui finit par aimer son sujet, n' en doutons pas. |
BELLE-SOEUR de Patrick BESSON chez Fayard 220 p. 2007
En lisant ce livre, je pensais aux nouvelles que je lisais étant enfant, chez ma grand' mère, il y a 50 ans, dans "Confidences" et "Nous -Deux". C' est malheureusement du même niveau. Deux frères, très différents, physiquement et psychologiquement, s' échangent leur petite amie. Ces dernières tombent enceintes en même temps. Mais de qui ? On parle de test ADN. Patrick Besson fait beaucoup mieux d' habitude. |
LE RAPPORT DE BRODECK de Philippe CLAUDEL chez Stock 400 p. Août 2007
On retrouve le "grand" Philippe Claudel des "Ames grises". Ce nouveau roman est d' une densité extraordinaire et un peu difficile à saisir dans sa globalité. Il faut se laisser porter par les mille et un détours d' une histoire dont on ne saura jamais vraiment la fin, comme le narrateur qui avoue par deux fois, aller de droite et de gauche, mais jamais en ligne droite. Nous sommes dans un petit village très retiré, probablement en Autriche. Les villageois parlent un patois très proche de la langue allemande. Le narrateur, un juif, a été dénoncé par les gens du village quand les nazis y sont venus s' installer. Envoyé dans les camps, il livre en quelques pages les atrocités qu' il a subit. Il revient cependant sain et sauf après la guerre, alors que son nom est déjà inscrit sur le monument aux morts. Un autre personnage, haut en couleurs, arrive dans le village et sème la perturbation. On ne saura jamais qui il est exactement, mais il cristallise sur lui, la haine de tous les habitants. Il va se passer des évènements poignants et le maire chargera Brodeck, le narrateur, de rédiger un rapport. ce roman mérite une relecture approfondie et un débat car il y a, à coup sur, du deuxième degré dans tout ça. |
UN ENFANT
DE L'AMOUR de Doris LESSING chez Flammarion
2007 185 p.
Un thème très classique. Pendant la
dernière guerre, après
la débâcle de Dunkerque, des soldats anglais
embarquent dans un transatlantique camouflé pour
aller renforcer l' armée des Indes. Ils font escale
au Cap, en Afrique du Sud. Les soldats ont 4 jours de liberté pour
se refaire une santé après
une traversée plus que mouvementée.Le héros,
James, est reçu par une jeune
femme riche dont le mari est absent. C 'est un coup de
foudre partagé. Au terme des 4 jours, les soldats
réembarquent
pour continuer leur périple. Arrivé aux Indes,
James apprend qu' un enfant est né du coup de foudre,
les dates concordent. Il n' aura de cesse de chercher à revoir
son hôtesse
qui restera le grand amour de sa vie. C' est bien écrit.
On s' attendait cependant, à autre chose de
la part d' une auteure de 88 ans, prix Nobel de littérature
2007.Cela devrait plaire à beaucoup de lectrices
sensibles et un peu rêveuses |
CETTE
HISTOIRE-LA d' Alessandro BARICCO chez Gallimard 2007 317
p.
C' est une des bonnes surprises de l' été.
Un auteur peu connu chez nous, mais célèbre
dans le monde entier. Avec lui on sort vraiment des sentiers
battus autant par le style que par l' histoire racontée.
La couverture laisse augurer qu' il s' agit d' un roman sur
les courses automobiles. Il y a un peu de ça,
mais bien plus que ça. Six chapitres qui se tiennent,
bien sûr, mais qui
peuvent se lire séparément, tellement le
style est différent. Pour faire court : Ultimo est
né au début
du XX ° siècle, au moment où l' Automobile
commence à peine à faire parler d' elle.
Son père, cultivateur italien, décide de
bazarder ses vaches et d' ouvrir un garage. Installé dans
un endroit très retiré, il n' y passe jamais
d' automobile jusqu' au jour où se pointe un
Comte richissisme, pilote de course, qui va changer le
destin de cette famille. Il y a des pages d' une consistance
presque philosophique sur la destinée des hommes,
sur la passion. Il y a des passages qui font pleurer de
rire. Il y a des pages érotiquement
subtile. La fin est un peu baclée, dommage. |
LE PORTRAIT de Pierre ASSOULINE chez Gallimard 300 p. août 2007
C 'est l' histoire des "créateurs" de la lignée Rothschild : James et Betty. Ca ne m' a pas passionné ! Je suis pourtant un admirateur de Pierre Assouline dont j' ai lu tous les romans, mais celui-ci m' est "tombé des mains" au bout de 200 pages pendant lesquelles je m' étais ennuyé malgré des bons mots et belles phrases (souvent déjà lus dans d' autres romans de l' auteur). |
Courriers de nuit : La légende de Mermoz et de Saint-Exupéry de P.et O. Poivre d' Arvor au Livre de Poche- 2007- 250 p.
Un bon résumé de l' histoire de l' aviation commerciale. On suit aux travers de leurs exploits et de leur vie sentimentale, 3 héros principaux : Mermoz, Guillaumet et St-Exupéry. Pour un lecteur qui connaît peu ces personnages, ce livre est une sorte d' anthologie qui peut l' amener à une plus ample connaissance en lisant les ouvrages de Kessel sur le sujet et ceux de St-Ex bien sûr. |
A l'abri de rien d' Olivier ADAM aux Editions de l' Olivier-218 p. 2007
Ce livre est présélectionné par le jury de Goncourt. Il le mérite amplement et je lui souhaite la réussite. L' histoire est d' une actualité brûlante : Une petite ville du Pas-de-Calais reçoit (?) des émigrés après la fermeture du centre de Sangate. Bien qu' ils soient de différentes nationalités, on les appelle tous "les Kosovars". Une jeune femme mariée, 2 enfants, un peu paumée après la perte de sa meilleure amie dans un accident, est entraînée à aider ces émigrés jusqu' à abandonner sa propre famille. Le style (peu académique) est superbe. L' histoire bouleversante. Dépressifs : s' abstenir, pour les autres : à lire absolument, c 'est "Voyage au bout de la nuit" version années 2000. Olivier Adam n' est pas un inconnu puisqu' il a écrit "Je vais bien, ne t' en fais pas " mis en scène au cinéma et césarisé en 2007. |
VIE et DESTIN de Vassili GROSSMAN en "Livre de Poche" 1170 p. 2006
L' auteur était correspondant de guerre en 41-45, il a vécu au milieu de l' Armée Rouge de Stalingrad à Berlin. Ses carnets de notes ont servi à Jonathan Little et à bien d' autres. Mais, contrairement à ce que je pensais, la guerre n' est pas le pricipal "mobile" du roman. C 'est avant tout un livre philosophique et parfois métaphysique sur l' expoitation de l' homme par un état totalitaire, que ce soit côté allemand, mais surtout côté russe. certaines scènes font penser au film "L' aveu" avec Yves Montand. C 'est beau, mais c' est long, long, long et l' on s' y perd beaucoup dans les personnages. Ce livre a été saisi par le KGB, mais une copie a pu être sauvée. |
VICTOR de Michèle Fitoussi chez Grasset 372 p. 2007
Un bon petit roman que vous lirez d' une traite. Un grand hebdo genre "Voici" invente un concept original "Faire adopter une personne âgée par un foyer tout-à-fait classique : "bobos" avec 2 enfants, le journal rendra compte à ses lecteurs des faits et gestes de ce "vieux" et de l' évolution de son intégration au sein de sa famille d' accueil". L' histoire est assez peu crédible, mais l' auteure sait nous faire passer ça en brodant des faits de la vie courante d' un ménage, qui, eux, sont bien réels. On se prend à détester ce Victor qui va semer la zizanie en mentant effrontément sur sa véritable personnalité. |
L'Immortel de Franz-Olivier GIESBERT chez Flammarion Noir 312 p. Mai 2007.
Comme aime à le répéter l' auteur au cours de ses interviews de promo :" Un fond de vérité et beaucoup d' imagination." Giesbert est amoureux de Marseille, des marseillais, de la langue de Marseille. Malgré des faits crapuleux et quelquefois assez sauvages, on rit comme dans les "Tontons flingueurs" de la truculence des personnages, lesquels vivent dans un milieu où la loi est faite par le révolver. Ce livre est un bon divertissement qui vous change les idées. |
Carnets de guerre : De Moscou à Berlin 1941-1945 de Vassili GROSSMAN chez Calmann-Lévy 380 p. 2007
Il s' agit de la période 1941-1945 vue du côté russe par un correspondant de guerre, grand écrivain soviétique. Jonathan Little, le prix Goncourt, a puisé dans ces carnets pour écrire son chef d' oeuvre. Les notes de Grossman sont mises en place par Anthony Beevor qui rend la chose présentable. Il n' en reste pas moins que la lecture en est difficile par la forme et le fond ( les pages sur Tréblinka sont très perturbantes, même si on a lu "Les bienveillantes" )
Beevor parle beaucoup de "Vie et Destin", le grand roman de Grossman et nous donne envie de lire cette oeuvre, interdite par le KGB, mais que Sakarof a réussi à faire publier en Suisse dans les années 60 et que l' on trouve maintenant en livre de poche. |
Ne le dis à personne de Harlan COBEN chez Belfond 350 p. 2002
Un thriller doit vous tenir en haleine du début à la fin. Si vous souriez de temps en temps, c' est mieux; si vous succombez au charme du personnage principal, c' est encore mieux. Avec "Ne le dis à personne", rien de tout cela. Après un début en fanfare, pendant lequel vous battez les cils de contentement, l' intrigue se complique à tel point que le plaisir s' amenuise de page en page et que vous avez bien du mal à terminer le roman. L' histoire a été mise en scène récemment par Guillaume Canet. Ce livre est un best-seller, le film a bien marché, alors c' est certainement moi qui suis passé à côté... |
Le blog de Max
chez Robert Laffont 206 p. 2005
Il s' agit du premier roman-blog jamais publié. Il raconte au jour le jour ce qui se passe dans les bureaux d' une société dont on ne saura jamais ce qu' elle fabrique ou vend. Le blog commence au moment où elle est soumise à un audit dans la perspective d' être rachetée. L' auditeur en voit de toutes les couleurs, c' est soit-disant drôle. Délirant, c' est certain, mais drôle, j' en doute. Les situations ne sont pas crédibles mais, peut-être, est-ce là le but recherché ? |
Mémoires d'un médecin de campagne de Vladimir GUIHENEUF aux Presse de la Renaissance Décembre 2005 360 p.
Une centaine d' anecdotes souvent très intéressantes, parfois amusantes, pour ce livre de mémoires qui fleure bon le terroir picard situé au nord d' Amiens. Ce médecin n' est pas le premier venu puisqu' il a représenté ses collègues au niveau national pendant très longtemps; de plus, il est quasiment l' inventeur des cabinets médicaux en zone rurale. Ce sont 50 années de bons et loyaux services qui sont retracés sans que le lecteur ne se lasse car tous les aspects de la profession sont abordés et l' on suit bien l' évolution des mentalités et des moeurs. Ces mémoires auront une saveur particulière pour les habitants de la région et les anciens de "Saint-Frères". |
Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas SWARUP chez Belfond mai 2006 360 p.
(Prix du Salon du Livre 2007)
Le jeu "Qui veut gagner des millions" version indienne, est le prétexte à narrer les aventures d' un jeune orphelin. Lequel a déjà vécu des aventures peu banales et rencontré des personnages très caractéristiques de son pays. On découvre ainsi l' Inde et ses habitants au fur et à mesure du déroulement du jeu, car à chaque question correspond une histoire. C 'est passionnant et très agréable à lire. Idéal pour vos prochaines vacances ! |
La Controverse de Valladolid de Jean-Claude CARRIERE chez Pocket-réédition 2006-1° sortie en 1992 chez Belfond- 252 p.
La télévision s 'est emparée de ce petit chef-d'oeuvre il y a une dizaine d' années avec des interprêtes remarquables comme JP Marielle et Jean Carmet. Nous sommes en 1550, les espagnols ont envahi l' Amérique du Sud jusqu' au Mexique, ont décimé férocement les indiens, à la suite des premiers voyage de Christophe Colomb. Une question agite le monde chrétien :"Sous couvert d' évangélisation, a-t-on le droit de tuer. Et d' abord, ces indiens, ces sauvages, sont-ils vraiment des êtres humains ?" Un léga envoyé par le pape en Espagne doit en décider, avec l' aide de religieux espagnols spécialistes de la question. Le débat (ou controverse) est très intellectuel, mais JC Carrière nous amuse et nous fait avaler la pilule avec mains détails cocasses. Indispensable lecture pour tous les catholiques et tous ceux que l' origine des hommes passionnent. |
Le fantôme de Munich de Georges-Marc BENAMOU chez Flammarion Mars 2007- 320 p
Un régal pour tous les amateurs d' histoire. L 'auteur insiste sur le terme de "roman". Mais un roman qui fleure bon le "vrai" n' en est que plus captivant. Benamou imagine Daladier racontant les péripéties de la conférence des 29 et 30 septembre 1938. On cerne bien les caractères d' Hitler, Mussolini, Chamberlain, Göring, Ribbentrop et bien sur celle du narrateur. On comprend mieux ce qui s' est passé et pourquoi les français et les anglais ont abandonné leurs amis Tchékoslovaques, tout en essayant de sauver ce qui pouvait l' être en préservant la paix. L 'auteur n' a pas oublié le petit rôle tenu par un guadeloupéen, Alexis Léger, qui deviendra un prix nobel de littérature sous le pseudo de Saint-John Perse. Un des meilleurs livres de 2007 salué par l' ensemble de la critique. |
Les soeurs de Prague de Jérôme Garcin chez Gallimard 175 p. Décembre 2006.
Pour une fois le personnage d' un livre de Jérôme Garcin n' est pas le cheval, encore qu' il y fait beaucoup allusion, "chassez le naturel, il revient au galop". Le narrateur est écrivain, client d' une agence dirigée par Klara, une tchèque très en vue des milieux du show-bizz. Sa personnalité aurait pu à elle seule alimenter le livre, mais une soeur plus jeune, qu' elle n' a pas vue depuis 20 ans, débarque à l' improviste. Bien qu' avec un peu de réticence, Klara la prend comme adjointe et à elles deux, elles vont régner sur le monde des écrivains, vedettes de cinéma ou autres artistes. Mais Klara ne s' occupe pas seulement des contrats financiers, elle s' occupe aussi de la libido de ses clients...Garcin donne tellement de détails et cite tellement de gens connus que l' on se pose une grande question : tout cela est-il vrai, ou quelle est la part du vrai et du faux. Livre passionnant, admirablement écrit comme d' habitude. |
Un roman russe d' Emmanuel CARRERE chez P.O.L 350 p. Mars 2007
On a beaucoup écrit dans la presse spécialisée que ce roman était l' histoire du grand'père de l' auteur, disparu fin 1944, probablement éxécuté pour faits de collaboration. D' ailleurs, Carrère le présente comme tel. Et pourtant, du grand'père, on en parle pendant 30 ou 40 pages, pas plus, de manière épisodique comme un fil rouge. Ce qui occupe la plus grand partie du roman, ce sont les amours difficiles de l' auteur sublimés par quelques pages d' un érotisme à faire rougir Pauline Réage. Le 3° volet du livre est pour moi le plus intéressant : il s' agit d' un reportage sur le tournage d' un film documentaire dans une petite ville perdue de Russie. Cette partie ne vient pas comme "des cheveux sur la soupe" car c' est en pensant à son grand'père russe que Carrère se lance dans l' aventure de ce film. |
Bonne nuit, doux prince de Pierre CHARRAS chez Mercure de France 115 p. Sept 2006
Un petit bijou qui vous réconcilie avec les écrivains français contemporains. L 'auteur raconte quelques épisodes de la vie de ses parents, surtout côté "père". Dans un style d' une grande pureté, il nous fait entrer dans le secret des joies et des peines liées à des petits évènements que beaucoup de famille d' avant-guerre ont connus. Au travers de cette narration nostalgique, le lecteur retrouve ses propres parents ou grands-parents. La fin est poignante et nous fait quitter ce livre avec beaucoup de regrets. |
Hommes entre eux de Jean-Paul DUBOIS aux Editions de l' Olivier 232 p. Janvier 2007
Difficile d' accorder du crédit à cette histoire d' hommes confrontés à l' âpreté du grand nord canadien. L 'un, malade cardiaque, y vient pour retrouver sa femme enfuit depuis un an. L' autre, transplanté cardiaque, a été l' amant de cette femme pendant quelques mois. Je ne sais pas si l' auteur y croit lui-même car on le surprend à écrire des banalités dignes de la collection Arlequin. Cela dit, il y a quand même une histoire dépaysante qui peut plaire et qu' il faut certainement prendre au 2° degré.
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Petit-déjeuner chez Tiffany de Truman Capote en Folio 1965 120 p.
L 'auteur brosse le portrait d' une cover-girl (je n' ai pas dit call-girl) des années 40. Cette fille est complètement déjantée. Son intrusion dans la vie du narrateur est un superbe moment de lecture (le rôle sera interprêté à l' écran par la mignonne Audrey Hepburn). Elle décide de partager son appartement avec une autre créature féminine tout aussi burlesque, ce qui donne, de nouveau, quelques passages savoureux. Puis, l' intérêt descend d' un cran quand l' histoire se complique pour finir un peu sur du n' importe quoi. Mais il faut absolument lire les 50 premières pages... |
Le Hussard d' Arturo Perez-Reverte réédité aux Editions du Seuil en 2004 192 p.
Il s' agit du premier roman du grand écrivain espagnol réédité récemment. Une écriture simple pour narrer, dans le détail, une bataille des troupes napoléoniennes pendant leur navrante occupation de l' Espagne. Le roman raconte les préparatifs et surtout les réflexions et l' impatience des jeunes hussards qui veulent en découdre. Le héros, Frédéric a 19 ans et c' est son premier combat. Le lecteur est au coeur de cette tension, puis c' est la charge et le combat qui nous sont racontés dans toute leur horreur : "Boue, sang et merde. C 'était ça la guerre et rien de plus. Dieu tout puissant ! Rien de plus." La blessure reçue par Frédéric est tellement ontolérable qu' elle le rendra fou. Un très beau livre pour qui aime les batailles napoléoniennes, et qui se lit d' une traite. |
Fortune de France, tome 12 : Complots Et Cabales de Robert MERLE chez De Fallois (avant dernier volume de la collection "Fortunes de France") 445 p. 2001
Ce tome concerne la période 1628-1634. Le point culminant est la célèbre "Journée des dupes" (novem. 1629). Le roi Louis XIII n' a pas encore 30 ans. Il fait preuve d' une intelligence exceptionnelle en faisant se dévoiler tous les conspirateurs amis de la Reine-Mère et ennemis de Richelieu et de lui-même. Les sanctions seront sans pitié pour les conspirateurs. Seuls, les membres de la famille royale seront épargnés : la reine-mère (Marie de Médicis) et le frère cadet du roi, Gaston. |
Double Vie de Pierre ASSOULINE chez Gallimard 212 p. 2001
Une cocasse affaire d' adultère donne l' occasion à Pierre Assouline de dépeindre en quelques tableaux, la bourgeoisie parisienne. Avec tout l' humour et le style qui le caractérisent, l' auteur nous fait plier de rire à toutes les pages. ses descriptions, ses métaphores sont inimitables. Le suspens est bien maintenu et la chute tout-à-fait inattendue. |
L'homme qui marchait avec une balle dans la tête de Philippe POLLET-VILLARD
chez Flammarion 345 p. Août 2006
Ce premier roman, nominé dans plusieurs officines,
a finalement décroché un 1° prix au Touquet.
L 'auteur est un scénariste reconnu. Son style
est parfait et s' apparente à celui de Benacquista,
le genre d' histoire aussi. Ce roman raconte les péripéties
d' un fils d' émigré italien peu fait pour
la vie tranquille. Il va se laisser entraîner dans
de folles aventures de hold-up. Il connaîtra la prison
dont il s' évadera. Ses cavales sont aussi déconcertantes
que ses séjours derrière les barreaux. Au
cours d' un braquage, il reçoit une balle dans la
tête que le chirurgien ne pourra pas extraire. La
période de coma qui s' ensuit accentuera davantage
son esprit "planant", en marge d' un monde pour
lequel il n' est pas fait. C 'est souvent drôle,
magnifiquement écrit. Il n' y a pas de temps mort.
On attend le second roman avec impatience. |
Exil, Parole de Carpe de Bruno PACHENT aux éditions "Grand espace
Nord" 192 p. Août 2006
C 'est grâce à une fidèle internaute
de cette rubrique que j' ai découvert ce petit livre
très original. C 'est le premier roman d' un journaliste
du Sud-Ouest de la France. L 'histoire est celle d'
une carpe mâle (bavarde).
Elle raconte son odyssée fluviale, puis marine. Eh
oui !, cette carpe a envie de grands espaces. Poussée
par une amie tanche et une truite, elle veut découvrir
l' océan et ses grands espaces. Elle y rencontre
un exocet, ce poisson volant l' initie à sa technique.
Après bien des efforts, elle parviendra à voler.
On pense évidemment à Darwin. Au cours de
son long voyage, elle rencontre aussi des hommes, leurs
appats et leur polution. le style de Bruno Pachent est
...limpide. Ce livre est unique par le sujet. Il s' adresse à des
lecteurs qui ont encore une âme d' enfant.
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Le Centre d'appel
de José FRECHES édition "Au diable Vauvert"
325 p. Février 2006
L 'auteur, historien d' arts et sinologue, sort de son registre habituel pour
nous livrer un roman qui est une vraie petite perle d' humour
et de tendresse. 4 personnages : 2 hommes français,
un sénégalais et une sénégalaise
qui parlent à tout de rôle. Leurs histoires
vont se rejoindre puisque les 3 hommes vont tomber amoureux
fous de la belle sénégalaise. Celle-ci (bac+5)
travaille dans un centre d' appel à Dakar. Très
distrayant, ce roman n' en est pas moins instructif sur
bien des aspects de la société actuelle :
la vie des jeunes à Dakar, le maraboutage, l' islamisme,
le travail dans les centres d' appel, la vie d' un démarcheur
en assurances à Paris, celle d' un paraplégique
dans un immeuble de banlieue, etc... La fin est assez rocambolesque
et très "cinématographique". Un
vrai plaisir tout au long des 325 pages !
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Une promesse - Prix Médicis 2006 de Sorj
CHALANDON chez Grasset 275 p. Août 2006
Un prix Médicis bien mérité ! C 'est
un livre qui illustre ces vers de Violeau:
"Conservez avec soin tout ce que j' ai chéri;
Gardez mes vers, mes fleurs, mon oiseau favori,
Je serai là, que rien ne change !"
Dans un petit village de Mayenne, un couple charismatique
est mort, la femme de maladie et l' homme de ne pas supporter
l' absence. Le frère de l' homme décide, avec
ses meilleurs amis d' assurer une visite jounalière
à tour de rôle, à la maison des morts
: on garde une lampe allumée, on aère, on
tire les draps et les rideaux. Au bout de 10 mois, la motivation
se distend et l' on décide d' arrêter, non
sans une gêne ni une dernière veillée.
Le style est merveilleux, l' histoire poignante et le final
inattendu et surprenant vous tire les larmes des yeux. On
ne peut pas faire l' impasse sur ce joli petit roman A lire
aussi du même auteur : "Le petit Bonzi"
chez Grasset .
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Les
Bienveillantes - Prix du roman de l'Académie française 2006
de Jonathan LITTEL chez Gallimard 900 p. août 2006
Prix de l' Académie Française, en attendant
d' autres prix peut-être, c' est une oeuvre colossale
qui n' a pas fini de faire parler d' elle et de son jeune
auteur.A 38 ans, pour un premier roman, Jonathan n' est
pas seulement le digne fils de son père, c' est un
nouveau Céline ! Difficile de résumer 900
pages. L 'auteur s' est mis dans la peau d' un lieutenant
SS (il finira Lieutenant-Colonel) chargé par Himmler
et Eichmann de suivre de près les "progrès"
de l' extermination des juifs à travers l' Europe.
Tout en étant attaché aux thèses du
national-socialisme vis-à-vis des juifs, il n' en
est pas moins humain et il est loin d' approuver certains
"débordements". Nous le suivons pendant
la campagne de Russie jusqu' à Stalingrad et ensuite
nous assistons de près à l' effondrement de
l' armée allemande. Blessé grièvement,
il est chargé ensuite d' inspecter les camps de la
mort. L 'auteur ne nous fait pas grâce de toutes les
atrocités qui ont eu lieu pendant cette période,
côté allemand et côté russe. Il
ajoute aux faits historiques un intrigue policière
qui permet au lecteur de reprendre haleine. De même
certains paragraphes nous montrent la culture musicale,
philosophique, littéraire de l' auteur, ce qui nous
sort des turpitudes. Si vous êtes un bon lecteur,
vous ne regretterez pas de plonger dans ce livre "essentiel". |
L'Immeuble
Yacoubian
de Alaa El ASWANY chez Actes-Sud 326 p. Janvier 2006
L' auteur nous brosse un tableau de l' Egypte actuelle
à travers l' histoire de quelques personnages très
typiques de milieux différents. Tous sont attachants
et attendrissants. La sensualité est très
présente mais passe très bien. Il nous donne
un aperçu des problèmes liés à
la religion, là encore, à plusieurs niveaux,
mais comme on peut le lire sur la 4° de couverture,
l' auteur ne juge pas. Il nous prend à témoin,
il écarte un peu le voile ( sans vouloir faire un
jeu de mots) et l' on comprend mieux certaines situations...Ce
livre très bien écrit, nous interpelle, et
nous ne sommes pas étonnés du succès
qu' il rencontre. Nous ne tarderons pas d' ailleurs, à
découvrir l' adaptation cinématographique.
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L'infortunée
de Wesley STACE chez Flammarion- 2006- 460 p. Succès
mondial pour ce premier roman de Stace, auteur anglais,
également musicien (avec Springsteen entre autres).
Succès mérité car les 250 premières
pages sont époustoufflantes et exigent à elles
seules que vous vous plongiez dans cette histoire peu banale
et magnifiquement écrite. Un riche lord (en
fait, la personne la plus riche d' Angleterre, y compris
la reine) recueille un enfant abandonné et en fait
son héritier. Le drame et l' intérêt
du livre repose sur le fait que le père adoptif élève
le bébé comme une fille alors que c' est un
garçon, ceci pour des raisons trop longues à
expliquer ici, mais très plausibles. Les 250 premières
pages racontent avec force détails croustillants,
mais tout en finesse, les péripéties de cet
enfant jusqu' à son adolescence. A ce stade, on ne
peut plus cacher la vérité, ni à lui-même,
ni à l' entourage, d' où le drame qui va suivre.
Le père en meurt en l' appelant pour la première
fois "Mon fils". Dans la seconde partie, plus
allégorique et un peu mois intéressante, le
"fils" va partir à la recherche de sa véritable
identité.
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Suite
française - Prix Renaudot 2004
d' Irène NEMIROVSKY chez Denoël 2004 400 p.
Ce roman posthume, prix Renaudot 2004, a été
écrit sur le vif, dans les années 40-41 juste
avant qu' Irène ne soit déportée à
Auschwitz d' où elle ne reviendra pas. Ce roman raconte
d' abord l' Exode au travers de quelques familles françaises,
c' est souvent très drôle. Puis, il décrit
avec une maîtrise et un style sublime, la vie qui
s' organise dans un village entre l' armée occupante
et les habitants de toutes classes : noblesse, bourgeoisie,
paysannerie. Lucile, c' est Emma Bovary, c' est Mme de Réal,
c' est aussi beau ! Je n' ai pas peur de le dire : pour
moi, Irène Némirovsky est comparable , dans
les 200 dernières pages surtout, à Flaubert
et à Stendhal.
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Partir
de Tahar ben Jelloun chez Gallimard 267 p. janvier 2006
L' auteur raconte les périgrinations de différents
personnages qui n' ont qu' une envie : quitter le Maroc
pour trouver le bonheur...Le personnage principal, Azel,
bac+5, ne trouve pas d' emploi à Tanger, sa ville
natale, d' où il aperçoit les lumières
de l' Espagne juste en face, à quelques Km. Il n'
hésite pas à se prostituer avec un riche espagnol
homosexuel. Ce dernier lui procure des papiers et l' emmène
avec lui à Barcelone...Autour d' Azel, gravitent
d' autres personnages, hommes et femmes, dont sa soeur Kenza,
qui désirent aussi PARTIR, pour s' accomplir, essayer
de trouver une vie meilleure. Intéressant mais particumièrement
pessimiste, même si l' arrivée d' un nouveau
roi laisse un espoir aux Marocains.
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Anges
et demons
de Dan Brown chez JC Lattès 562 p. février 2005
Plus rocambolesque, tu meurs ! Si c' était un film,
on dirait que c' est la plus spectaculaire production hollywoodienne
de tous les temps ! L' action se déroule à
Saint-Pierre de Rome, au coeur du Vatican pendant l' élection
d'un nouveau Pape. Des cardinaux sont assassinés
et une bombes d' antimatière menace d' exploser et
de pulvériser le coeur de la religion catholique
et tous les fidèles rassemblés pour l' évènement.
Mais Landon, le héros du" Da Vinci Code"
va déjouer les plans machiavéliques prévus
par la secte des "Illuminatis". Derrière
tout un fatras d' évènements à grand
spectacle, il y a quand même quelques belles réflexions
sur l' antagonisme Science-Religion, et sur le fait que
la religion catholique a toujours traîné des
pieds quand il fallait révéler à ses
fidèles que les découvertes scientifiques
mettaient à mal certaines croyances ancestrales dictées
par l' "Ancien testament"
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Franz et Clara
de Philippe Labrot chez Albin Michel 185 p. avril 2006
Un petit roman plein de tendresse. Après une déception
sentimentale, une jeune violoniste de 20 ans, rencontre
un "presqu' ado" de 12 ans, surdoué, pendant
la pose quotidienne des répétitions. Malgré
la différence d' âge, une amitié se
créée et la jeune fille reprend goût
à la vie. Ils se retrouvent 8 ans après....Moins
consistant que les autres romans de Labrot, celui-ci peut
vous faire passer un moment agréable tout en douceur
et romantisme. |
Le Maître des âmes
d' Irène Zémirovski chez Denoël 282 p.
(dont 25 de préface) novembre 2005. Auteur très
prolifique avant la dernière guerre, Irène
Zémirovski est redevenue à la mode à
la suite de la sortie d' un manuscrit exhumé 60 ans
après sa mort à Auschwitz : "Suite française"
(prix Reneaudot 2004 ). "Le maître des âmes"est
l' histoire d' un médecin émigré en
France dans les années 20. Ses allures de métèque
l' empêche de se faire une vraie clientèle.
Pour subvenir aux besoins de sa famille, il va se lancer
dans des thérapies à la limites du charlatanisme.
Puisant dans les théories encore fraîches de
Freud, il va passer auprès de la clientèle
"people" de " la belle époque"
pour "le maître des âmes". Très
intéressant et bien écrit.
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Un
matin de juin comme les autres
de Christian PERNATH chez Albin Michel 232 p. décembre
2005
Sans une excellente critique dans le Fig'Mag, je serais
passé à coté de ce petit chef d' oeuvre
"d' atmosphère" à la Simenon.
Un veto célibataire dans une petite bourgade près
de Nantes, va comme tous les jours à son cabinet,
attendre le premier client. Des clients, il en a très
peu, car il en a beaucoup perdu au cours d' une période
alcoolique. Il s 'ennuie beaucoup. Le midi, il déjeune
dans le café-restaurant du village et apprend qu'
un drame s 'est produit la nuit dernière : 5 personnes
assassinées sauvagement, de quoi mettre le petit
bourg en émoi. En rentrant le soir, il découvre
sur son chemin une femme allongée sur le bas-côté,
apparemment, elle a été tabassée. Il
la monte dans sa voiture et la ramène dans son pavillon.
Malgré lui, il va se mettre à enquêter
sur le massacre. L ' analyse psychologique du personnage
principal (le veto) est remarquable. Au bout de quelques
pages on se prend à l' aimer et on a envie qu'il
trouve un peu de bonheur dans sa vie. Le style de Pernath
est sobre, sa connaissance du milieu rural est excellente
et ses références philosophiques ne le sont
pas moins. Lecture facile pour tous, mais pas anodine.
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Une
fête en larmes
de Jean D' ORMESSON chez Robert Laffont 342 p. Août
2005
Un livre de plus au cours duquel notre académicien
préféré répand ses connaissances
historiques et littéraires. Un livre au cours duquel
il parle de 2 femmes qu' il a profondément aimées,
Léa et Marie. Un livre au cours duquel il raconte,
une fois de plus, ses voyages autour du monde et surtout
son amour de l' Italie. Il y a quelques pages superbes sur
l' enfance, le temps qui passe, la finalité de la
vie.
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Deux
petites filles en bleu
de Mary Higgings CLARK chez Albin Michel 2006 419 p.
Depuis "La nuit du renard", grand prix de la
littérature policière en 1980 , qui n ' est
pas devenu "accro" aux romans de M.H. Clark ?
Celui qui est sorti en avril 2006 est un bon cru. Deux jumelles
de 3 ans sont kidnappées. Nous connaissons les ravisseurs
dès le début sauf le cerveau de l' affaire
qui tient les ficelles et doit emporter la plus grosse part
de la rançon...Mais, bien entendu, tout ne se passera
pas comme prévu...L 'enquête de police, la
remise de la rançon et la fuite des ravisseurs nous
tiennent en haleine jusqu' au bout.
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Dans
les bois éternels
de Fred VARGAS chez Viviane Hamy avril 2006 442 p.
Après avoir lu "Pars vite et reviens tard"
et "Sous les vents de Neptune", j' attendais avec
impatience de retrouver le commissaire Adamsberg et le capitaine
Danglard sur une nouvelle affaire. Ma déception est
aussi grande que l 'était mon impatience. Fred Vargas
nous entraîne, cette fois-ci, dans une enquête
aux complications extrêmes, on a peine à la
suivre et on se demande même si l' auteur ne s' y
perd pas elle-même. Le récit est émaillé
de vers de Racine et de Corneille, les personnages sont
toujours attachants surtout quand ils se retrouvent dans
une auberge de Normandie avec les paysans du cru. Il y a
forcément de bonnes choses, on apprend ce qu' est
un "dissocié", qu'il y a un os dans le
coeur du cerf, dans le groin du porc et dans le pénis
du chat, mais Dieu que c 'est alambiqué !
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Le
bucher des vanites
de TOM WOLFE chez Sylvie Messinger (ou en livre de poche)
1988 700 p.
Après "L' étoffe des héros"
, ce livre est un roman sociologique sur la faune new-yorkaise
des années 80. Il n' y a pas mieux que Tom Wolfe
pour dresser des portraits au vitriol des acteurs d' une
descente aux enfers. Le héros principal est un homme
adulé par les milieux boursiers qui se retrouve confronté
à l' univers du Bronx. Hommes d' affaires, journalistes,
juges, maîtresse de haute volée, dîners
"people" dans Park-Avenue et garde-à-vue
dans un commissariat du Bronx : Tom Wolfe excelle aussi
bien dans les descriptions physiques que dans l' analyse
des sentiments des acteurs face à des évènements
qui les bousculent. C 'est un régal, ça se
lit très bien ( 700 pages quand même). On pourrait
dire que c'est " Voyage au bout de la nuit" version
fin du XX° siècle à New-York.
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Moi,
Charlotte Simmons
de TOM WOLFE chez Robert Laffont mars 2006 650 p. Difficile
d' abandonner un grand livre. J 'ai donc plongé illico
dans le dernier roman de Tom Wolfe après avoir lu
" Le bûcher" . Cette fois-ci, l' auteur
a choisit comme terrain d' investigation, un campus d'une
grande université américaine avec, qui plus
est, une section " sport-études" en basket.
Charlotte Simmons, brillante lycéenne d'une petite
ville de montagnes, débarque dans un univers hostile,
avec sa naïveté et ses" gros sabots".
Le roman tourne autour de 4 personnages : la jeune Charlotte
et 3 garçons. Non content de faire l' analyse
approffondie des moeurs de ces jeunes gens au "parler"
souvent burlesque et choquant, Wolfe a inventé une
intrigue qui fait de ce livre un véritable chef-d'
oeuvre que je mettrais un cran au-dessus du " bûcher",
mais c' est affaire de sensibilité. Il y a du Proust,
du Balzac là-dedans ou tout simplement du Tom Wolfe.
Si on veut connaître les moeurs françaises
au XIX ° siècle, on lit Balzac. Plus tard, quand
nos arrière- petits-enfants voudront connaître
les moeurs de l' amérique de la fin du XX° siècle,
ils liront du Tom Wolfe. |
Une
pièce montée
de Blandine Le CALLET chez Stock 2006 319 p.
Un premier roman bien accueilli par la presse et c'est
mérité ! L'action se passe pendant un mariage
et ses préparatifs. L'auteur fait parler les différents
personnages les uns après les autres, même
le curé ! C'est cocasse mais néammoins assez
profond dans l' étude des comportements des hommes
et femmes en présence. Une petite surprise termine
ce roman en beauté.
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L' HOMME de ma VIE de Madeleine CHAPSAL chez Fayard mars 2004.
L 'auteur nous trace les grandes lignes de sa vie avec
JJ Servan Shreber : leur rencontre, leur mariage, leur divorce,
la création de l' Express, l' arrivée de Françoise
Giroud dont on sait la relation qu'elle a entretenue avec
JJSS. Cette Françoise Giroud qui ira jusqu'à
tenter de se suicider. Malgré toutes les vicissitudes
de la vie, Madeleine Chapsal a toujours gardé des
bonnes relations avec toutes ses relations car elle a en
horreur les heurts et les discordes. L' écriture
est fine et délicate même quand elle raconte
les pires moments comme la maladie d' Alzeimer de JJSS .
Ce livre donne envie de relire la biographie de F.Giroud
par Christine Okrent pour faire des recoupements.
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Le
certain âge
de Madeleine CHAPSAL chez Fayard 2005 207 p.
On ne présente plus l'auteur qui sort 2 à
3 livres par an, romans, essais, biographies, pièces
de théatre...avec toujours le même succès.
Cette fois, ce sont quelques réflexions sur ce qui
nous arrive, tous et toutes, maintenant ou plus tard : le
certain âge, pour ne pas dire la vieillesse et ses
désagréments. Des conversations avec Claude
Sarraute qui avoue appeler tous ses interlocuteurs: "mon
chéri" de peur d' oublier leur nom, avec Sonia
Rykiel ou Patrick Dupont...etc. Bien écrit,
jamais pesant, ce livre se laisse lire d'une traite. Bravo |
Sacrés
Français ,
LE ROMAN ! de Ted STANGER chez Michelon Sept 2005 200 p.
Un petit roman savoureux que l'on ne quitte pas jusqu'à
la dernière ligne. Un cadre américain arrive
en Picardie dans une usine de robinetterie avec comme mission:
assainir cette filiale nouvellement achetée par son
groupe Texan, afin de la revendre avec profit. L'américain
n'a aucune idée du droit français du travail,
ni des habitudes de vie de ses nouveaux concitoyens. Il
va de surprise en surprise, ce qui nous vaut des passages
croustillants. Il finira par s'adapter d'autant plus qu'une
femme va le séduire. C'est très jubilatoire,
les obstacles rencontrés sont crédibles. Tous
ceux qui travaillent ou ont travaillé dans une PME
vont se reconnaître, même si pour nous amuser
l'auteur en rajoute un peu... |
Fortune de France, tome 11 : La Gloire et les périls
de Robert MERLE chez De Fallois 1999 435 p.
L'avant dernier volume de la série "Fortunes
de France" est consacré au siège de La
Rochelle (1627-1628) Grâce au Comte d' Orbieu, narrateur-acteur
privilégié, puisque Robert Merle en a fait
un diplomate de Louis XIII et Richelieu, on suit de près
le déroulement de ce siège emblématique
de l'Histoire de France. Rien ne nous est caché,
des affres des pauvres assiégés aux tractations
souterraines entre Anglais et Français, ainsi que
la complémentarité efficace du Roi et de son
Eminence Richelieu. Avec toujours les aventures sentimentales
de d' Orbieu succombant facilement aux charme du "gentil
senso", pour faire de cet épisode austère
un roman agréable à lire.
|
Vous
plaisantez, monsieur Tanner
de Jean-Paul DUBOIS aux éditions de L' OLIVIER Janvier
2006 198 P. Après 16 ouvrages dont "Une
vie française" Prix Fémina" 2004
, J-P Dubois change tout à fait de registre pour
nous narrer ses aventures avec tous les corps de métiers
du bâtiment, ceci à l'occasion de la restauration
d'une grande maison dont il vient d' hériter. Je
pense que les problèmes rencontrés sont un
peu exagérés (encore que...) , mais c'est
pour la bonne cause : nous faire sourire . En tous cas,
nous sommes prévenus si cela doit nous arriver... |
Kafka
sur le rivage
de Haruki Murakami chez Belfond Novembre 2005- 617 p.
Un adolescent de 15 ans fugue parce qu'il ne supporte plus
de vivre avec son père, il faut dire, artiste et
un peu beaucoup fêlé...Sa mère et sa
grande soeur ont quitté le foyer lorsqu'il avait
4 ans. Presqu'inconsciemment, il part à leur recherche.
Tantôt dans le monde réel, tantôt dans
un monde où les chat parlent et les maquereaux tombent
du ciel. L'auteur sait captiver notre attention, et tout
nous paraît presque normal...Si vous êtes férus
de tragédies grecques, si vous aimez les références
musicales et cinématographiques, les scènes
chaudes de sexe et si vous avez encore une âme d'adolescent,
cette magnifique histoire ne pourra vous laisser indifférent.
L'auteur est un des plus grands écrivains japonais
actuels.
|
|
La douceur des hommes
de Simonetta Greggio chez Stock - juin 2005- 170 p. Une
jeune femme rencontre une "grand'mère"
à Venise au cours d'un voyage d'affaires. Cette dernière
lui demande de prendre le volant de sa Rolls pour une virée
pendant laquelle elle va lui raconter ses rencontres avec
différents hommes. C'est très bien écrit
et l'ensemble ne manque pas de charme. Il y a quelques belles
réflexions sur la vie et les hommes en général.
Ce livre a eu le prix du 1° roman au Touquet en 2005.
Il plaira surtout aux lectrices. |
Festins
secrets
de Pierre Jourde chez "L'esprit des péninsules"
510 p. Novembre 2005
Trop long, beaucoup trop long ! Cet auteur a l'écriture
facile et son style est irréprochable, mais il aborde
une multitude de sujets importants qu'il se délecte
à disgresser et finit par assommer son lecteur. Un
jeune professeur est nommé dans une ville du nord
de la France (genre sous-préfecture). Ville peu accueillante
s'il en est, lyc&e | |